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Par Domitille Blanc Tavernier - Modifié le 25 avril 2022


Qu'est-ce que la Bible ?

La Bible est un ensemble de textes de transmission de la foi pour les juifs et les chrétiens. C'est une véritable création littéraire, variée autant par son contenu que par le nombre d'auteurs qui y ont contribué.

La Bible est composée en majeure partie des « Saintes Écritures » (Rm 1,2) du peuple juif, que les chrétiens appellent « Ancien Testament » (rédigé entre le IIIe et le IIe siècles av. J.-C.), et d’un second ensemble d’écrits nommé « Nouveau Testament » qui expriment leur foi Jésus-Christ (rédigé jusqu’au début du IIe siècle). Les Saintes Écritures reprennent les paroles et témoignages écrits des hommes de Dieu, inspirés par le Saint-Esprit.

Certaines Bibles portent une validation officielle de l’Église catholique : l’imprimatur. La Bible de Louis Segond reste la traduction française la plus diffusée au monde. Cette traduction, publiée pour la première fois en 1880, a été assez vite adoptée par l’ensemble du protestantisme francophone, toutes tendances confondues. Aujourd’hui encore, il s’en diffuse plus de 300 000 exemplaires chaque année. 

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L’Ancien Testament et le Nouveau Testament


La Bible chrétienne est composée de deux parties : l’Ancien Testament, et le Nouveau Testament.

L’Ancien Testament reprend la Bible hébraïque. Il se décompose en trois grandes parties : la Torah ( la Loi – le Pentateuque ), les livres prophétiques, et les Écrits qui comprennent les livres poétiques. Dans la Torah, on trouve notamment les livres de la Genèse, de l’Exode (Ex), du Lévitique (Lv), des Nombres (Nb) et enfin du Deutéronome (Dt).

Le Nouveau Testament, commun à la plupart des Églises chrétiennes, regroupe les écrits relatifs à la vie et les paroles de Jésus-Christ, rapportées par ses disciples. Il se divise en plusieurs groupes de livres : les quatre Évangiles canoniques de Matthieu, Marc, Luc et Jean, les Actes des Apôtres, les 14 épîtres dont certaines sont attribués à Paul et d’autres à plusieurs disciples comme Pierre, Jacques, Jean et Jude et, enfin, l’Apocalypse.

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Quelles sont les origines de la Bible ?


Le mot « bible » vient du grec ancien biblos dont le substantif au pluriel signifie « les livres » (soulignant son caractère multiple). La chronologie de l’histoire des livres bibliques est axée autour de l’histoire du peuple d’Israël.

Les évangiles sont rédigés au fil de la progression des premiers chrétiens, en Judée, en Syrie, en Grèce, en Asie Mineure… La période de rédaction est donc très brève : trois générations au maximum, au plus tard au début du IIe siècle. La Bible chrétienne, connaît plusieurs canons, ou ensembles de livres défendus par des communautés différentes, selon les époques et les confessions.


Une traduction grecque : la Septante


Au IIe siècle avant notre ère, les juifs établis à Alexandrie traduisent la Bible hébraïque, appelée Tanakh, en grec. Les récits qui la composent, datés entre le VIe ou Ve siècle av. J.-C., ont pour but de « former » la conscience religieuse du peuple d’Israël, choisi par Yhwh (le Seigneur). La légende raconte que cette traduction a été réalisée par 72 savants en 72 jours, d’où son nom de Septante. La Septante accentue l’attente messianique (un envoyé de Dieu qui viendra pour rétablir la justice) et l’attente eschatologique (une intervention magistrale de Dieu à la fin des temps qui met fin à l’empire du mal).

Les premiers chrétiens ont utilisé ce texte grec de la Bible qui préparait le terrain de leur conviction principale : Jésus de Nazareth est le Messie annoncé par les prophètes et attendu par les juifs.


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Qui a traduit la Bible en latin ?


La Septante a ensuite été popularisée par St Jérôme de Stridon, qui la traduit en latin vers 380 pour l’Église d’Occident. On appelle cette traduction latine de la Bible la Vulgate. Elle est reconnue comme une version « authentique » de la Bible lors du Concile de Trente en 1546.


Différents canons bibliques


Dans l’Église d’Orient, pour laquelle la langue sacerdotale est le grec, la Septante est restée le texte de référence pour les traductions.

Lors de la Réforme protestante au XVIe siècle, Luther (pour l’Allemagne) et Olivétan (pour la France et la Suisse) entament une traduction des évangiles en souhaitant retourner aux sources des Écritures plutôt que de s’en tenir au latin. Les réformateurs font une distinction, plaçant les livres tardifs du judaïsme (qu’ils ne reconnaissent pas comme inspirés par les juifs) à la fin de l’Ancien Testament, sous le noms de « Livres apocryphes », mot grec qui signifie « caché ».

L’Église catholique, elle, reconnaît lors du Concile de Trente le canon de la Septante. Elle considère celle-ci comme un deuxième canon (en plus de l'ancien canon hébraïque), incorporant les textes d’avant l’ère chrétienne. Ces textes sont dits « deutérocanoniques ».

Dans les années 1970, le Vatican et les Sociétés bibliques s’accordent pour regrouper les livres deutérocanoniques dans une section particulière à la jonction de l’Ancien et du Nouveau Testament. En français, la Bible TOB (Traduction Œcuménique de la Bible) inaugure ce principe.


La Bible comme parole de Dieu


Les chrétiens considèrent que la Bible est la parole même de Dieu. En effet, celui-ci peut entrer en communication directe avec eux.

La Bible raconte l’histoire de l’alliance que Dieu a scellée avec les hommes, celle d’une relation faite de fidélité et de reniement de Dieu par l’homme. Elle propose à chaque chrétien de suivre ce long cheminement vers la liberté et l’amour. Par la Bible, la Parole de Dieu s’est faite parole humaine, mais il faut toujours une médiation pour la comprendre. Elle est susceptible d’interprétation.

 

Que raconte la Bible ?


Dans l'Ancien Testament


Le Pentateuque décrit de grands épisodes qui symbolisent la puissance de Dieu tels que la création du monde ( Genèse ), la foi d’Abraham, la vocation de Moïse, la libération d’Égypte ou le don des Dix commandements.

Les livres historiques dessinent une histoire du peuple d’Israël depuis l’entrée en Terre promise d’Abraham avec son clan araméen, jusqu’à la fin de la période grecque (IIe s. avant J.-C.). Il décrit David, puis Salomon proclamés roi à Babylone, avec la construction d’un Temple en l’honneur de Yhwh ( le Seigneur). Les livres poétiques racontent notamment la vie de Judith et Esther et inspirent des modèles politiques aux chrétiens. Ils sont des témoignages de la manifestation du salut de Dieu.

La figure de sagesse du roi Salomon domine les livres poétiques et sapientiaux. Les chrétiens y trouvent des consignes de sagesse sur la vie quotidienne, l’amour, la souffrance et la mort et les mots pour exprimer leurs propres prières (Psaumes).

Une même promesse de salut après le malheur traverse tous les Livres prophétiques qui se cristallisent autour de la figure mystérieuse du Messie, avec les prophètes Isaïe, Jérémie Ezéchiel, ou Zacharie et Daniel considéré comme un prophète  uniquement par les chrétiens.


Dans le Nouveau Testament


Le Nouveau Testament déploie le salut de Dieu annoncé par les prophètes et réalisé en Jésus-Christ. Il raconte la vie de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, jusqu’à sa mort puis sa résurrection.

Les évangiles sont écrits à partir des années 70, lorsque les apôtres disparaissent et que la mémoire menace de se perdre. L’Évangile de Matthieu ou l’Apocalypse baignent dans la culture juive, alors que l’Évangile de Luc et les Épîtres de Paul sont ouverts au monde gréco-romain. Pour les chrétiens, les voix sont multiples pour dire l’Évangile du salut, tant sa richesse est grande.

Mais tous les livres du Nouveau Testament sont traversés par la même conviction, le même évangile (Bonne nouvelle) : Jésus est le Christ, Messie d’Israël, Fils de Dieu, sauveur de tous les humains.

 

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