1967. A la veille de Mai-68, le réalisateur plantait sa caméra au cœur de la clôture de l’abbaye de Saint-Wandrille, en Seine-Maritime. Nous sommes loin de la révolution de la jeunesse. Et si évolution il y a, elle se fait dans la prudence, en prenant le temps de la réflexion.
En Noir et Blanc, le film joue des contrastes entre le sombre habit des moines bénédictin et la blancheur des murs, entre les ténèbres de la nuit et la lumière des cierges lors des offices... créant une mystérieuse ambiance hors du temps.

Mais de quoi est faite la vie des moines ? Quel est le rôle du père prieur ? Comment des jeunes d’une vingtaine d’années ont-ils eu la vocation d’une vie monastique ? Les moines sont-ils anachroniques ? Quelles sont leurs relations au monde et à leurs contemporains ? Quels rapports les novices ont-ils avec les anciens ? Comment appréhendent-ils la tradition et la règle de saint Benoît ?

A la franchise des questions, les moines répondent aussi sincèrement. Le film dessine ainsi un portrait des moines, hommes dont les activités ne diffèrent pas tant de celles de leurs contemporains si ce n’est qu’elles sont intégrées à une vie de prière.
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L'abbaye de Saint-Wandrille de Fontenelle fut fondée en 649 par saint Wandrille et restaurée en 1894.
La vie quotidienne des moines bénédictins se divise en trois parties comme le veut la règle de Saint Benoit : l’œuvre de Dieu, les Saintes Lectures et le travail manuel, ce qui peut se résumer ainsi : les offices à l'église, les études et tout ce qu'il faut faire dans une grande maison ou l'on s'efforce de se suffire autant que possible. C'est à cette vie que nous assistons dans une succession de séquences qui rythme la vie de ce monastère, séquences alternées par des entretiens qui nous éclairent sur la profondeur de la vie intérieur de ces hommes.

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